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09 juin 2015

Crash aérien pour l’image de Valls

par Guillaume Foucault

Le voyage controversé du premier ministre à Berlin pour assister à la finale de la Ligue des champions nous apprend beaucoup sur la naissance d’une crise en matière d’image. À l’instar de celle qui a touché récemment la FIFA et coûté son poste à Sepp Blatter, son président, l’affaire du Falcon gouvernemental démarre par un déni. Selon la presse, les équipes de Manuel Valls ont essayé de lui dire qu’il prenait un double risque d’image : celui de quitter ses amis du PS en plein congrès et celui de prendre un jet d’affaires pour une escapade à Berlin. Ensuite, du haut de son autorité, il a commis le péché de déni. Dénoncé par les médias, il a refusé la réalité. Faute avouée n’est-elle pas à moitié pardonnée ? Que nenni, le premier ministre a justifié maladroitement, semé un trouble de perception et cassé son image. Enfin, c’est François Hollande, le Président lui-même, depuis le G7, qui a justifié le déplacement de son bras droit, à nouveau maladroitement, prenant pour prétexte les soucis actuels de la FIFA pour justifier un voyage auprès de Platini. Même un gamin qui arrive en retard à l’école trouve mieux comme excuse. Au final, le G7 passe derrière et l’info que l’on retiendra est celle du voyage à qui le Président Hollande donne ainsi trop d’importance.

Nous apprenons trois choses avec cette histoire : leur solitude fait courir des risques d’image aux patrons ; le déni est un poison contagieux ; s’en tenir aux messages est essentiel car toute dérive peut les évincer.

 

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