CORP COM

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04 juin 2015

Comment Sepp Blatter a tué la FIFA

par Guillaume Foucault

Sepp Blatter s’est certainement rendu coupable d’un « crime d’image » envers la FIFA. Son geste n’était certainement pas prémédité. Mais sa gestion de la communication de crise de l’affaire de corruption présumée qui secoue le monde du football international n’a pas suivi les règles de base de la discipline.

Lorsqu’une institution ou une entreprise est incriminée comme l’a été la FIFA, la première règle consiste à s’interdire le déni. Les dirigeants doivent immédiatement prendre des mesures d’enquête interne et les communiquer, indiquant par là même qu’ils ne sont pas dans ce mépris et qu’ils ne prennent pas à la légère les accusations, vraies ou fausses, portées contre l’institution ou ses membres. Au lieu de cela, dès l’annonce des descentes de police du 27 mai à Zurich, la FIFA a fait mine d’ignorer la plus grave crise de son histoire et a confirmé que l’élection du président se déroulerait comme prévu.

La deuxième règle ignorée par la FIFA consiste à trouver une « troisième voix » qui puisse s’interposer entre les accusateurs (le FBI américain avec toute sa notoriété), les médias et l’institution. La FIFA aurait pu, par exemple, nommer un magistrat de renom pour mener en son sein une commission d’enquête. Dès lors, l’affaire eut été celle de la corruption et non plus celle de la FIFA et de son président.

L’affaire FIFA qui devient l’affaire Blatter aurait pu n’être que l’affaire de la corruption elle-même. Et en endiguant l’emballement médiatique, la FIFA aurait pu protéger son principal actif : sa réputation.